Hommage aux « indésirables » du camp du Sablou
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Hommage aux « indésirables » du camp du Sablou

Comme chaque chaque année à l’initiative de l’Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) une cérémonie s’est tenue le 1er avril dernier afin de rendre hommage aux femmes et hommes, patriotes, militants antifascistes, communistes jugés « indésirables et dangereux », et internés dans le camp de séjour surveillé du Sablou, entre janvier et décembre 1940.

C’est dans la commune de Fanlac, à proximité de Montignac-Lascaux, que s’est tenu l’hommage aux plus de trois cents « indésirables et dangereux » internés dans le camp de séjour surveillé du Sablou entre janvier et décembre 1940, moitié sous la IIIème République et moitié sous le régime pétainiste. Il s’agissait principalement des communistes dont dix-huit Périgourdins arrêtés après l’interdiction de leur parti le 26 septembre 1939, d’un certain nombre d’autonomistes alsaciens, enfin des Tziganes interpellés au nom de la législation sur le nomadisme. La fermeture du camp ne fut pas synonyme de libération, la plupart d’entre eux étant alors expédiés vers les bagnes d’Algérie ou les lieux de rétention dispersés à travers le territoire national. De nombreuses personnes étaient présentes pour perpétuer la mémoire de toutes ces femmes et tous ces hommes qui furent victimes de l’arbitraire honteux des gouvernants de Vichy.

« En cette période de crise, de perte de repères, un seul mot doit nous habiter : Résistance »

Nicolas Brette, secrétaire du Mouvement des Jeunes Communistes de Dordogne

S’approprier le passé pour éclairer le présent et prévenir le futur… c’est tout le sens du discours du secrétaire du MJC 24 qui ce jour-là a pris la parole au nom des communistes de Dordogne. « Ces victimes d’une époque tragique nous rappelle celles du conflit ukrainien », indique Nicolas Brette, « le peuple ukrainien  fait preuve d’une abnégation historique face à l’irrédentisme russe. Cependant, on peut s’interroger sur certains choix du gouvernement ukrainien. Le code du travail de ce pays paraît être un drôle d’espion russe. Comme le disait Albert Camus : La première victime de la guerre c’est la vérité. Restons solidaires des peuples essuyant les affres de conflits qu’ils n’ont majoritairement pas voulues. Qu’ils soient Palestiniens, Kurdes, Sahraouis, Ukrainiens, Ouïghours, Roiga et j’en passe restons solidaires à l’égard des peuples luttant pour leur auto-détermination ».

Face à l’émergence des nationalismes nourrissant des desseins expansionnistes d’états impérialistes et menaçant la paix entre les peuples, le communiste appelle à la « résistance » : «  Résistance face à la résurgence des ombres du passé. Pour cela, nous continuons et nous continuerons d’honorer, les Sablousards, les républicains espagnols internés, les Juifs et les Tziganes assassinés par milliers dans toute l’Europe. Face au laissé faire permettant la résurgence des discours racialistes ne transigeons pas. Au Sablou comme ailleurs, honorons les indésirables, haut et fort, à l’image du discours d’André Malraux lors de l’entrée des cendres de Jean Moulin au Panthéon. Ce jour-là, les ombres qui accompagnaient Jean Moulin étaient plus qu’honorés ».

Nicolas Brette a invité l’assistance à ne surtout pas sombrer dans le fatalisme ou la résignation : « Nous communistes, affirmons avec les militants progressistes provenant de diverses familles politiques que ce qui permet de repousser l’écho de ses heures sombres, c’est l’engagement. L’engagement contre les néo-fascismes se donnant plus ou moins un visage acceptable en public. Mais qui peut ignorer que les fondateurs d’un certain parti n’étaient pas membres de la division SS Charlemagne ? Qui peut ignorer que le nom actuel de cette organisation est inspiré de l’organisation de monsieur Marcel Déat ? Qui peut ignorer que le logo de cette même organisation est une double référence à l’organisation que j’ai précédemment indirectement citée et au MSI Parti italien nostalgique de l’action de Mussolini ? Mesdames, messieurs, face à cela il nous faut aussi nous engager pour. Pour, une autre société basée sur la résolution de la dialectique historique opposant deux classes antagonistes. Nous communistes sommes là pour ça. Mais aussi, vous tous militants attachés à une certaines idée de la France, ou d’autres pouvant analyser la politique du gouvernement actuel comme étant celle du coup d’État permanent. La diversité des idées et pratiques, n’ont jamais empêché, hier, comme aujourd’hui, comme demain, nos vieilles familles politiques de dialoguer et d’agir de concert quand les circonstances l’exigent ».

La sénatrice Marie-Claude Varaillas a déposé une gerbe à la mémoire des Sablousards avec Yannis, arrière petit-fils de René Baptiste, interné au Sablou
De nombreux communistes du département ont participé à cette cérémonie