Marie-Claude Varaillas alerte les élu.es de Dordogne sur les fractures sociales, démocratiques et territoriales
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Marie-Claude Varaillas alerte les élu.es de Dordogne sur les fractures sociales, démocratiques et territoriales

La sénatrice communiste de Dordogne, Marie-Claude Varaillas, a présenté ses vœux aux élu.es du département, lundi 5 janvier à Trélissac. Un exercice traditionnel qu’elle a transformé en un long plaidoyer politique, dressant le tableau d’une année marquée par les crises internationales, l’instabilité politique nationale et les difficultés croissantes des collectivités locales.

Dès l’ouverture de son intervention, la parlementaire a évoqué un contexte international « particulièrement sombre ». Elle a rappelé la guerre en Ukraine, toujours sans issue diplomatique, mais aussi le conflit au Moyen-Orient, soulignant que malgré des annonces d’accords, la violence continue à Gaza, où on ne compte plus les morts depuis les attaques du 7 octobre, « notamment des femmes et des enfants ». Elle a également dénoncé les atteintes répétées au droit international, citant les tensions en Amérique latine et l’ingérence des États-Unis, « Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur le président Maduro avec cette agression des USA, c’est un nouveau pas franchi dans la remise en cause du droit international et de la souveraineté des peuples à disposer d’eux-mêmes. Nous ne pouvons rester spectateurs pendant que d’autres écrivent l’histoire à notre place ».

Sur le plan national, la sénatrice a fustigé une situation politique qu’elle juge profondément instable. « L’exceptionnel est devenu la règle », a-t-elle regretté, en référence à l’absence répétée de lois de finances votées dans les temps et à la succession de gouvernements minoritaires depuis la dissolution de juin 2022. Une instabilité qui complique, selon elle, la gestion budgétaire de l’État comme celle des collectivités.

« Le pouvoir d’achat reste la première préoccupation des Français avant l’immigration, avant la sécurité »

Marie-Claude Varaillas

Au cœur de son discours, la question du pouvoir d’achat et des inégalités. Marie-Claude Varaillas a rappelé que, malgré le statut de septième puissance mondiale de la France, « 100 000 Français n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois ». Elle a également insisté sur la détresse du monde agricole, confronté à des crises sanitaires à répétition et à une concurrence internationale qu’elle juge déloyale, notamment dans le cadre des accords de libre-échange, auxquels le Sénat s’est opposé à l’unanimité.

Très critique à l’égard des choix budgétaires du gouvernement, la sénatrice a dénoncé l’augmentation massive des crédits alloués aux armées, estimant que « la sécurité ne se construit pas avec la peur, mais avec l’école, la santé, le logement et les services publics ». Elle a aussi pointé la contradiction entre une dette publique atteignant 3 100 milliards d’euros et les 100 milliards de dividendes versés par les entreprises du CAC 40 en 2024.

« Comment accepter que les entreprises délocalisent leur activité alors qu’elles ont été accompagnées par l’État français ? »

Les collectivités territoriales ont occupé une place centrale dans son intervention. Marie-Claude Varaillas a dénoncé leur mise à contribution croissante, « alors qu’elles assurent, 70 % de l’investissement public ». Elle a défendu le travail mené par son groupe au Sénat, qui a formulé plus de 500 propositions d’amendements visant à dégager 70 milliards d’euros de recettes supplémentaires, notamment en réinterrogeant les aides publiques aux entreprises. Elle a rappelé les conclusions de la commission d’enquête sénatoriale, menée par Fabien Gay, révélant 211 milliards d’euros d’aides sans contrôle ni contrepartie suffisante, plaidant pour une exigence accrue de responsabilité. « Loin de moi, loin de nous l’idée de contester le fait qu’il nous faut accompagner notre économie et les entreprises vertueuses mais bien d’exiger qu’elles d’avoir reçu des fonds publics, elles rendent des comptes.  »

Très engagée sur les questions de transition écologique et d’aménagement du territoire, la sénatrice a regretté la baisse des crédits consacrés à la rénovation énergétique, au Fonds vert et à l’adaptation au changement climatique, alors même que la Dordogne est particulièrement exposée aux sécheresses et aux catastrophes naturelles. Elle a également réaffirmé son attachement au rail et à la défense des gares de proximité, s’opposant aux logiques de désertification des territoires ruraux.

Marie-Claude Varaillas a aussi abordé la réduction des déchets et le refus de la tarification sociale de ce service public, la hausse des violences faites aux femmes -163 féminicides recensés en 2025- ainsi que les difficultés financières du secteur associatif, qu’elle juge essentiel à la cohésion sociale, notamment en milieu rural.

Enfin, à l’approche des élections municipales, la sénatrice a tenu à saluer l’engagement des élus locaux, « urgentistes du vivre ensemble », pris en étau entre les attentes des citoyens et les restrictions budgétaires. Elle a appelé à une nouvelle étape de la décentralisation et à un rétablissement des moyens financiers des collectivités. « Le prochain mandat municipal sera un mandat de résistance, d’audace et d’innovation sociale et écologique », a-t-elle conclu, avant de souhaiter « une belle année » aux élus présents, « placée sous le signe de la justice sociale et de la fidélité aux valeurs républicaines ».