06 Jan Le Parti communiste dénonce une « agression impérialiste » des États-Unis contre le Venezuela
Lundi 5 décembre, une centaine de personnes a répondu présent à l’appel du PCF 24 à un rassemblement pour dénoncer ce que ses organisateurs qualifient de « kidnapping » du président vénézuélien Nicolas Maduro par l’administration de Donald Trump. Une mobilisation placée sous le signe de la défense du droit international et de la souveraineté des peuples, dans un contexte mondial jugé de plus en plus dangereux par les manifestants.
Julien Chouet, secrétaire départemental du PCF de la Dordogne, a vivement condamné l’intervention américaine au Venezuela, qu’il considère comme une violation grave du droit international. « Nous sommes rassemblés pour défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et pour alerter sur la menace d’une troisième guerre mondiale, dans un contexte de résurgence d’une internationale fasciste », a-t-il déclaré devant les participants.
Le responsable communiste s’est attaché à déconstruire les arguments avancés par les États-Unis et relayés par certaines chaînes d’information en continu. Il a notamment rejeté l’idée d’un Venezuela présenté comme un « État narcotrafiquant », affirmant que ces accusations relèvent de la propagande. « Les États-Unis ont menti hier sur le Vietnam, l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie ou encore l’Ukraine, et ils continuent de mentir aujourd’hui », a-t-il lancé, dénonçant une longue tradition d’ingérences justifiées par des récits qu’il juge fallacieux.
Julien Chouet a également contesté l’argument avancé par certains du « rétablissement de la démocratie », rappelant que Nicolas Maduro a été élu avec 51 % des voix. « On aura vu pire comme dictature », a-t-il ironisé, tout en soulignant ce qu’il considère comme une incohérence des puissances occidentales, promptes à condamner certains régimes tout en entretenant des relations étroites avec des États n’ayant jamais organisé d’élections libres, notamment dans la péninsule arabique.
« C’est le retour de l’impérialisme américain le plus agressif qui défend avant tout ses intérêts et ceux du capitalisme le plus carnassier »
Julien Chouet
Au-delà du cas vénézuélien, le secrétaire départemental du PCF a inscrit son discours dans une critique plus large de la politique étrangère américaine. Selon lui, l’intervention au Venezuela s’inscrit dans une doctrine visant à faire de l’hémisphère américain une zone de domination exclusive, motivée par des intérêts économiques et stratégiques liés au contrôle du pétrole, des minerais et des routes commerciales. « Ce qui est en jeu, c’est l’idée même qu’il n’y aurait plus de droit international et que tout serait permis », a-t-il affirmé.
Le PCF dénonce ainsi une violation flagrante de la Charte des Nations unies et considère toute incursion sur le territoire d’un État souverain comme un acte de guerre mettant en péril la stabilité régionale et mondiale. « Aujourd’hui le Venezuela, demain n’importe quel peuple », a averti Julien Chouet, évoquant également les menaces américaines à l’encontre de Cuba ou du Groenland.
La France et l’Union européenne n’ont pas été épargnées par les critiques. Julien Chouet a dénoncé l’alignement diplomatique d’Emmanuel Macron sur Washington, estimant que cette posture ferait de la France « un vassal des États-Unis » et l’entraînerait dans une spirale guerrière. « Ce qui est piétiné aujourd’hui, c’est le principe même de souveraineté populaire, qui fonde aussi notre propre démocratie », a-t-il insisté.
Refusant toute logique de confrontation militaire, le PCF appelle au développement de la solidarité internationale et à la lutte contre le nationalisme, la xénophobie et les divisions attisées, selon lui, par l’extrême droite à l’échelle mondiale. « Les peuples n’ont rien à gagner aux guerres de l’impérialisme et tout à perdre », a conclu Julien Chouet, réaffirmant l’exigence du respect de la souveraineté du Venezuela, de Cuba, des peuples d’Amérique latine et, plus largement, de l’ensemble des peuples du monde, comme condition indispensable à la construction d’un monde de paix.

