
24 Mar Le groupe communiste dénonce l’asphyxie du Département par l’Etat
A la veille du vote du budget 2025 du Conseil départemental, les trois conseillers Marie-Claude Varaillas, Jacques Auzou et Michel Lajugie fustigent la logique budgétaire de l’Etat qui plonge les collectivités dans l’austérité.
Il y a tout juste un an, quasi jour pour jour, les élus du groupe communiste au Département alertaient sur les répercussions qu’auraient les ambitions du gouvernement de l’époque à vouloir « rationaliser la dépense des collectivités locales ». Quatre premiers ministres plus tard, et toujours pas d’embellie sur la situation que les trois conseillers départementaux communistes considèrent aujourd’hui plus qu’alarmante. En effet, en un an, les annonces gouvernementales ont plus que varié, tout particulièrement s’agissant du budget de l’Etat qui a vu son déficit passer de 10 à 60 milliards en l’espace de 365 jours. N’est pas comptable qui veut ! Quoi qu’il en soit, il s’agit désormais de résorber ce « découvert » abyssal… Et comme toujours, l’Etat a décidé de mettre à contribution les collectivités à hauteur de 5 milliards d’euros. « Le Département et les communes ne sont pas responsables de la dégradation des comptes publics », fustigent les élus communistes Marie-Claude Varaillas, Jacques Auzou et Michel Lajugie, « depuis de trop nombreuse années, les Départements ont largement pris part à l’effort national en assumant l’explosion de leurs dépenses d’actions sociales notamment des allocations individuelles de solidarité, non compensées par l’Etat à hauteur de 67 millions sur le Budget 2024 ».
« Cette situation ne sera pas sans incidence directe sur la vie économique et l’emploi sur notre territoire »
Le groupe communiste au Département
Déjà étranglé par une perte de près de 40 millions d’euros de droits de mutation due à un marché immobilier en berne, le Conseil départemental de la Dordogne doit faire face à un contexte général chaotique. Les trois élus évoquent ainsi l’augmentation des dépenses sociales qui représentent 60 % du budget du Département. Hausse de la précarité, des inégalités, paupérisation de la population… de plus en plus de familles périgourdines connaissent de grandes difficultés. Conséquence de cet état des lieux, une explosion du nombre d’enfants placés à L’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). « En dix ans, le nombre de mineurs pris en charge au titre de l’ASE a plus que doublé passant de 700 à 1 700 enfants », déplorent les trois élus qui pointent le coût annuel par mineur accueilli de 60 000 euros. Même constat pour le Revenu de Solidarité Active (RSA), l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) ou la Prestation de Compensation du Handicap (PSH).
Au final, c’est une enveloppe de moins 30 % sur le budget que le Département devrait présenter en ce début de semaine avant le vote du budget mercredi 26 mars. Outre ces dépenses obligatoires qui sont donc l’action sociale, mais aussi les collèges, les routes et le Service Départemental d’Incendie et de Secours, ce sont les dépenses optionnelles qui vont être en premier lieu frappées par cette logique austéritaire. La vie associative notamment, le sport, la culture, mais également le logement et l’accompagnement des communes dans leurs investissements. « Privé de son levier fiscal, le Département subit l’effet ciseau entre la hausse des dépenses obligatoires et la diminution des recettes devenues aléatoires. Cette situation ne sera pas sans incidence directe sur la vie économique et l’emploi sur notre territoire, l’investissement local étant un moteur essentiel de l’économie du pays. Pour rappel les collectivités locales assument à elles seules 70 % des investissements publics », poursuivent les trois élus communistes.
Paralyser les collectivités c’est frapper directement dans le quotidien de la population
L’argent pourtant existe. L’an passé, le CAC a enregistré un nouveau record avec plus de 98 milliards d’euros versés aux actionnaires. Mais plutôt que de taper dans le capital, l’Etat préfère la poursuite de son modèle libéral imposé à coup de 49-3 qui mène au pillage des richesses collectives, au dépeçage de nos services publics, et à la souffrance d’une majorité. Tant pis si la colère et le ressentiment gagnent les citoyen.nes et profitent au populisme et à l’extrême droite…
Par ses politiques d’austérité, l’Etat contraint toujours plus les dépenses publiques, freinent la capacité des collectivités à répondre aux besoins de la population, et empêche toutes celles et tous ceux qui n’ont plus les moyens de mener le mandat pour lequel ils ont été élu.es.
Dans ce contexte, Marie-Claude Varaillas, Jacques Auzou et Michel Lajugie assurent de leur détermination « à défendre le rôle primordial du couple Département-Communes, maillon essentiel de la solidarité territoriale qui garantit un égal accès aux services publics en ne cédant rien sur l’essentiel à savoir : une protection de l’enfance avec des moyens humains et financiers à la hauteur des besoins, la solidarité et la prévention santé à tous les âges de la vie quel que soit son lieu de résidence, des établissements scolaires où les conditions d’apprentissage sont dignes pour nos enfants et un accès à une alimentation locale de qualité et équilibrée, les mobilités et aménagements routiers sécurisés, indispensables en milieu rural ».