De l’impérialisme mondial à la bataille municipale, construire la résistance populaire
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De l’impérialisme mondial à la bataille municipale, construire la résistance populaire

A l’occasion des vœux du PCF de Bergerac le 24 janvier dernier, la secrétaire de section a livré un discours reliant les crises internationales, la progression de l’extrême droite et l’urgence d’un engagement démocratique local, à l’approche des élections municipales de mars prochain.

D’emblée, Julie Tejerizo a refusé l’idée selon laquelle le monde actuel serait trop complexe pour être compris. « Derrière la multiplicité des crises », a-t-elle affirmé, « se cache une logique ancienne et cohérente : celle d’un système de domination capitaliste et impérialiste qui change de visage mais jamais de nature ». De la Palestine au Venezuela, du Groenland à Gaza, la secrétaire de section a dénoncé une même logique impérialiste. « En Palestine, un peuple est enfermé, affamé, bombardé, privé de tout, pendant que le monde débat de mots et d’équilibres diplomatiques ». Et de rappeler avec force : « On parle de sécurité, mais on détruit toute perspective de paix ».

Ce drame n’a rien d’inévitable. « Ce n’est pas une fatalité historique, c’est le produit d’un ordre international qui hiérarchise les vies humaines et accorde l’impunité aux alliés puissants ».

Au Venezuela, la violence est moins visible mais tout aussi meurtrière. « Derrière le kidnapping spectaculaire et méthodique de Nicolas Maduro, il y a des sanctions économiques, une asphyxie financière, des campagnes de diabolisation ». Donald Trump, a-t-elle souligné, « ne prétend même plus défendre la démocratie » : « il veut le pétrole vénézuélien, basta ». Même logique lorsqu’il évoque le Groenland : « le monde est vu comme une carte à découper façon Monopoly, la planète comme un réservoir de ressources, et les peuples comme une donnée secondaire ». Et de conclure sans détour : « L’impérialisme n’a pas de morale, seulement des intérêts. Le capitalisme ne connaît qu’un langage : celui du profit ».

« Un système de domination à l’œuvre partout dans le monde »

Pour la secrétaire de section, ces situations ne sont pas des anomalies. « Gaza, Caracas, le Groenland ne sont pas des exceptions. Ils sont des symptômes ». Ils montrent « comment le capitalisme mondial, arrivé à un stade avancé de concentration et de prédation, a besoin de la force, de la contrainte, de l’autoritarisme et de la violence pour se maintenir. Quand le marché ne suffit plus, la guerre prend le relais. Quand le droit résiste, il est contourné. Quand les peuples disent non, ils sont punis ». Voilà, a-t-elle résumé, « la logique impérialiste : ancienne dans ses fondements, moderne dans ses méthodes ».

« L’extrême droite n’est pas une rupture, elle est l’aboutissement »

C’est dans ce contexte que progresse l’extrême droite. « Elle ne surgit pas du néant », a insisté la secrétaire de section. « Elle ne rompt pas avec ce système, elle en est la forme la plus brutale et la plus décomplexée ». Là où le libéralisme « dissimule la domination derrière des discours technocratiques », l’extrême droite « l’assume ouvertement . Elle promet la sécurité par la force, l’identité par l’exclusion, la prospérité par la prédation ». Et surtout, « elle détourne la colère vers de faux ennemis : les migrants, les minorités, les peuples dominés, jamais les structures économiques qui produisent la misère ». Le constat est clair : « On ne combattra pas l’extrême droite sans s’attaquer au système qui la nourrit ». Et la secrétaire de section de prévenir : « La neutralité n’est pas une posture raisonnable, c’est une démission ». Le cœur du problème, selon elle, réside dans une normalisation de l’inacceptable. « On a accepté qu’il y ait des morts légitimes et des morts invisibles ». Face à cela, « il faut réapprendre à nommer les choses : la guerre économique est une guerre ; les sanctions qui affament, l’occupation, l’enfermement, la dépossession sont des crimes, quel que soit le langage utilisé pour les justifier ». Et de rappeler fermement : « Aucune idéologie, aucune frontière, aucune religion ne peut servir d’excuse à la négation de la dignité humaine ».

Municipales : un front de lutte décisif

C’est précisément pour ces raisons que la secrétaire de section a insisté sur l’importance des élections municipales de mars prochain. « Ce n’est pas un rendez-vous secondaire. C’est un moment politique décisif ». Pourquoi ? Parce que « si l’ordre mondial paraît lointain, la commune est le lieu où la politique touche immédiatement le quotidien. C’est là que la démocratie cesse d’être un concept pour devenir une pratique vivante ». Logement, école, transports, santé, culture, services publics : « ce ne sont pas des sujets techniques, ce sont des choix politiques . Privatiser ou municipaliser, exclure ou inclure, réprimer ou prévenir, consulter ou imposer, c’est déjà choisir un modèle de société ».

Face à la montée de l’extrême droite, « la commune peut être un rempart ». Là où elle prospère sur « l’abandon et le sentiment d’impuissance », une politique municipale communiste peut « recréer du commun » : services publics accessibles, politiques sociales de proximité, soutien aux associations, défense des biens communs, transition écologique populaire. « La démocratie locale n’est pas un supplément d’âme, c’est une condition de la résistance démocratique ». Participation citoyenne réelle, budgets participatifs, conseils de quartier actifs, transparence : « redonner du pouvoir aux habitants, c’est retirer à l’extrême droite son principal carburant ».

La commune est aussi, a-t-elle rappelé, « un espace de solidarité internationale concrète ». « Accueillir dignement les exilés, refuser la stigmatisation, soutenir les luttes pour la paix et la justice, ce n’est pas faire de la politique étrangère : c’est affirmer que la dignité humaine n’a pas de frontières ». En conclusion, la secrétaire de section a appelé à une stratégie claire : « Dans un monde écrasé par l’impérialisme et déshumanisé par le capitalisme, reconstruire le politique par le bas n’est pas un repli. C’est une stratégie ». Face aux crises globales, « la réponse commence localement ». Et c’est bien « dans nos communes que peut s’ouvrir un chemin d’émancipation populaire ».