Point presse de la fédération de la Dordogne du Parti Communiste

25 Juillet 2016 – Laurent PEREA secrétaire départemental

Je ne peux commencer mon propos sans aborder cet acte ignoble, sans nom, qui a vu notre nation, frappée une nouvelle fois par un acte terroriste à Nice. Acte terroriste balayant la vie de 84 hommes, femmes, enfants, en mutilant plus de 200. Hommes, femmes enfants qui étaient sortis en famille à l’occasion de notre Fête Nationale.

Acte que nous condamnons avec la plus grande fermeté tout en amenant notre soutien aux familles dans ce cruel moment.

Et nous ne rentrerons pas dans la polémique stérile et attristante que certains véhiculent en perspective d’échéances électorales prochaines.

Polémiques stériles, sans se poser les véritables questions politiques pour lutter face à une idéologie qui sert en fait les grands intérêts financiers et surtout, permettent le statu quo, et tend à diviser le peuple plus que de favoriser le bien vivre ensemble et la paix, tend à fracturer ce lien nécessaire entre les citoyens du monde et de notre pays.

Oui se poser les bonnes questions au regard des politiques libérales, défendues aujourd’hui comme hier, qui détruisent ce lien, créent de l’individualisme, de l’exclusion, alors que la riposte à ce terrorisme exige une France solidaire.

L’état d’urgence, hormis l’ajout concernant les outils informatiques et les quelques concessions faites à la droite parlementaire, se distingue essentiellement du droit commun par les moyens d’interdiction de manifester et de se réunir. Ce fait est assez symbolique du danger que fait courir à l’équilibre démocratique la persistance d’un état d’exception. La démocratie doit continuer à vivre et pleinement.

A les écouter, de ceux qui se revendiquent du gouvernement, ou de la droite et du FN, la victoire de Daech serait de contraindre notre pays à des reculs en matière de libertés publiques.

Nous ne voulons pas céder en pérennisant l’état d’urgence : notre pays doit avoir les moyens de faire face à cette menace dans le cadre du droit commun.

L’action d’un déséquilibré, vassal de la dernière heure de Daech, doit-elle ébranler l’état de droit en France ? La question mérite d’être posée.

Il faut avoir le courage d’affirmer que l’éradication de la menace djihadiste, véritable fascisme des temps modernes, sera un long combat qui doit mobiliser toute la société, toutes nos institutions, le peuple tout entier.

Cette mobilisation générale exige tout d’abord des moyens.

Tout le monde le sait, la police, la gendarmerie, l’armée, sont exsangues. La réduction drastique de leurs moyens par les années de présidence de M. Sarkozy les a considérablement affaiblies, comme la désorganisation du renseignement

Nos concitoyens refusent les choix libéraux comme cette désastreuse loi Travail qui vient d’être adoptée définitivement, une nouvelle fois à coup de 49-3 .

Non, nos concitoyens aspirent à vivre en paix, à vivre en sécurité, à vivre heureux, au travail comme en famille, avec leurs amis.

L’extension de l’état d’urgence sécuritaire, cette surenchère souvent indécente et irresponsable, ne répond en rien à cette attente.

C’est pourquoi le groupe communiste républicain et citoyen a voté unanimement contre ce projet de loi, qui ferme les portes au lieu d’ouvrir des espérances.

 

Nous pensons que la France doit enfin accepter de réviser en profondeur ses choix internationaux pour des évolutions de paix au Proche-Orient et en Afrique. Les peuples du Proche-Orient et d'Afrique y aspirent profondément ; ce sont eux et les forces démocratiques et pacifiques que la France doit soutenir avec ardeur.

Ici en France, il est temps de déclarer l'état d'urgence sociale afin de stopper les politiques d'austérité (baisse des dotations aux collectivités locales, suppression de services et de personnel) et de déployer des moyens sans précédent de présence de l’État et des services publics dans tous les territoires de la République.

Sécurité de proximité, éducation, santé publique, accompagnement psychiatrique, prévention, aide psychologique, lutte contre les violences faites aux femmes, contre les trafics mafieux… sont des priorités d'une urgence absolue

C'est seulement dans ce cadre nouveau que les efforts immenses faits par les services de sécurité, de police et de gendarmerie, dont il faut saluer le dévouement, trouveront leur pleine efficacité.

Au-delà, c'est un autre avenir de développement et de solidarité, un avenir d'humanité commune, qu'il faut mettre à l'ordre du jour, en France, en Europe et dans le monde.

Nous ne voulons plus de ce monde de l'argent, des concurrences et des guerres, qui nourrit tous les égoïsmes et les racismes.

Et c’est ce que fait exactement l’Union européenne depuis tant d’années, s’appliquant à détruire les droits sociaux, à peser sur les salaires, à organiser la concurrence, à priver la puissance publique issue de la volonté démocratique des moyens d’agir, à ignorer superbement les aspirations populaires et l’expression des citoyennes et des citoyens comme ce fut le cas en France en 2005.

Exactement ce que font les gouvernements nationaux qui se sont succédés et qui ont construit cette Europe libérale depuis tant d’années.

Exactement ce que fait le gouvernement de ce pays qui s’est entêté à vouloir imposer une réforme dont le pays ne veut pas parce qu’elle est mauvaise, parce qu’elle sert une fois les intérêts de la finance et des grands propriétaires.

C’est de tout cela qui est au programme des débats sur nos fêtes d’été en Dordogne. Ces fêtes parce qu’elle sont des lieux où l’on se rassemble, où l’on échange, où l’on invente, où l’on s’occupe de ce monde dans lequel nous vivons pour le rendre meilleur, pour le rendre plus juste, pour le pas laisser les puissances d’argent rétrécir nos vies et les utiliser pour leurs guerres et leurs guéguerres.

Pour nous, la politique est un sujet trop sérieux, trop important pour qu’on le laisse aux gens de la City de Londres, et pas plus à ceux de la bourse de Frankfort, de la Banque centrale européenne, du FMI.

A cette petite oligarchie qui s’accapare le pouvoir et les richesses.

Oui, la politique est un sujet trop sérieux pour qu’on la laisse aux marquis au petit pied qui ne se disputent que des honneurs de pacotille pour n’être que des serviteurs zélés d’un capitalisme insoutenable, insupportable, inacceptable !

Oui, la politique est un sujet trop sérieux pour qu’on le laisse au hasard, c’est à dire toujours à la décision des courants dominants.

La politique, elle doit se faire avec les citoyens, par eux, pour eux.

C’est pour cela que le PCF a lancé la grande consultation citoyenne, pour ouvrir une grande discussion sur le présent et sur l’avenir, sur ce qu’il faut changer, sur ce qu’il faut proposer, sur ce à quoi il faut s’attaquer.

Dans notre département, elle commence à créer son écho, quelques 400 questionnaires déjà remplis, comme certains l’ont fait ce week-end sur les fêtes du PCF de Firbeix et de La Morélie à Terrasson.

Et nous invitons les périgordins à y participer et à en être des actrices et des acteurs, pour construire ensemble des réponses aux défis, et pour définir en commun un mandat populaire pour 2017.

Quand nous disons la politique, nous exècrons le spectacle pitoyable qu’elle donne parfois, mais elle peut et doit être une belle chose, elle doit être ce qui nous permet de faire la paix, de ne pas subir, nous nous émanciper de toutes les dominations, de construire du commun.

C’est ce à quoi nous appellons les communistes, incorrigibles fauteurs d’espoir, inlassables révolutionnaires, indispensables passionnés d’humanité : le temps du commun.

Et pour rester dans notre couloir, aujourd’hui, nous voulons inviter le plus grand nombre dans la diversité à nous rejoindre pour faire grandir cette idée et pour la faire gagner !

Ici, dans notre département, dans les villes, les quartiers populaires, les villages, tout un peuple se refuse à l’avenir qu’on lui promet et invente, loin des grands récits médiatiques, des manières de vivre ensemble et de vibrer ensemble. Ils ne veulent pas se laisser ronger par ce capitalisme au grand jour, ni par ce capitalisme souterrain qui veut les soumettre.

Ici, en Dordogne, il y a des femmes, et il y a des hommes qui se lèvent contre les violences faites aux femmes, contre les dominations masculines d’où qu’elles viennent, parce que l’avenir passe par l’égalité et la liberté pleines et entières au sein des deux moitiés de l’humanité.

Ici, en Dordogne, des élus, des associations, des citoyennes et citoyens se mobilisent pour la démocratie locale, pour les services publics, pour une ambition industrielle durable, pour le monde du travail, de la culture et de la création, face à une entreprise métropolitaine qui est en train de vouloir tout passer à la moulinette.

Ici, dans ce département, il existe des hommes et des femmes qui savent ce que signifie le mot gauche, qui parfois sont un peu perdus, parfois un peu dégoûtés, parfois un peu désespérés, souvent beaucoup encolérés, mais ils, elles sont là.

Et ils ne cautionnent pas ce pouvoir autoritaire, régressif, liberticide, qui n’a pas tenu le peu de promesse de gauche qu’il avait énoncé sous la contrainte et par calcul. François Hollande, ballotté par cette crise de régime doit avoir un geste de lucidité: ne pas signer les décrets d’application de cette loi.

Le gouvernement a fait l’âne pour avoir du son. Il a eu du son plein les oreilles et ses manœuvres dilatoires ont échoué.

Ici, en Dordogne comme ailleurs, un mouvement social puissant s’est déployé. Il a défié comme on dit, les maîtres de forge et les libéraux de toutes les crèmeries, il a défié aussi les nationalistes qui n’ont que leur haine à vomir sur les peuples.

Je veux saluer ici, tous ceux et celles avec qui nous avons manifesté ces derniers mois, pour le progrès social, pour de nouveaux droits aux salariés, pour la république sociale et démocratique, contre ce projet dont la droite et le MEDEF rêvaient et qui ont été insultés, matraqués, méprisés.

Dans ce mouvement une autre politique à naître s’est exprimée. En France et en Europe où il faut tout changer !

Nous savons que la mobilisation perdure et nous prendrons toute notre place le 15 septembre prochain pour l’abrogation de cette loi qui est rejeté par plus de 70% des français.

Rien ne nous fera renoncer à construire l’avenir, à ouvrir des issues, à chercher le rassemblement de tous ceux et toutes celles qui ne veulent pas en reprendre pour cinq ans de galère, pour que ça change, pour repasser la marche avant, pour esquisser ensemble l’embellie.

Nous allons nous battre pour que cette terre républicaine et rebelle de Dordogne continue de faire entendre avec force cette voix.

Devant nous, il y a des combats à mener, des combats à gagner, il faudra compter avec nous, nous voulons réveiller ce qu’il y a de meilleur, qui se fait entendre déjà, qui gronde, qui souffle et qui ne demande qu’à surgir !

Un des enjeux essentiels pour les communistes actuellement est de recréer l’espoir, de rouvrir de la perspective politique, en prenant toute leur place dans les mouvements existants, en reconstruisant du lien politique, idéologique et humain pour créer les conditions d'une possible convergence.

Pour avancer, ils se sont donnés collectivement une feuille de route.

Durant l'été, les communistes vont écrire à des dizaines de milliers de mains, avec les citoyen-ne-s, avec toutes les forces, les personnalités, les candidats déclarés ou disponibles le pacte des engagements communs sur lequel pourrait se construire une candidature à gauche.

Nous considérons que la clef de l'avenir réside dans l'intervention directe du peuple, c’est pourquoi nous allons travailler à mettre en mouvement des dizaines de milliers de communistes pour discuter, débattre et construire avec des centaines de milliers de citoyen-ne-s.

Avec ce questionnaire les communistes veulent mettre en débat des propositions et des idées pour nourrir une discussion exigeante sur l'avenir de notre pays.

Ce n'est pas un coup de Com, c'est une condition nécessaire à l’alternative que  nous voulons construire.

Les petites phrases et la cuisine politicienne, ça n'intéresse pas les citoyen(ne)s.

La question est de savoir si nous allons faire une politique qui change la vie des gens et des salariés.

Et nous sommes convaincus qu’à gauche, nous sommes capables d'aller au-delà de nos débats, dans l'intérêt du pays pour construire une majorité politique de gauche. 

Nous voulons remettre des idées de progrès, de justice, de solidarité au goût du jour… construire un immense travail d’éducation populaire.

Nous ne voulons plus de la 5ème république, celle de la personnalisation à outrance qui tue la démocratie, en laissant croire que c’est tous les 5 ans que cela peut se jouer, en faisant une sorte de loto sportif, en confiant notre destin dans les mains d’une seule personne…

Ce dont notre pays a besoin, c’est d’une majorité de gauche, une vrai gauche, et que partout nous obtenions le plus grand nombre d’élus à l’Assemblé Nationale et au Sénat, et donc remettre dans la priorité, la question des législatives.

Certes, ça pose oui aussi, la question de la présidentielle et rien de bon ne se présente à l’horizon en nous faisant croire que la présidentielle c’est foutue.

En ça, que nous avons lancé cette grande consultation citoyenne, afin de donner un mandat populaire.

Et à l’issue de celle-ci, créer un grand évènement politique avec la restitution de cette expression que nous souhaitons à 500.000 Voix à l’échelle du pays, mettre sur table un véritable pacte d’engagement commun, coucher les 5-6 grands sujets pour une véritable politique de gauche.

Derrière, début Octobre, ce sera une immense votation citoyenne durant une semaine avec un maillage d’urnes partout.

Ensuite la proposition de bon sens que nous faisons est une candidature commune hors du camp gouvernemental.

Et il existe un espace politique gigantesque, et on est capable d’une candidature commune et non pas de 3,4 ou 5 comme cela se dessine.

Sinon les électeurs, nous dirons : vous êtes impuissants.

Ceci, nous l’avons dit à JL Mélenchon, mais il persiste une divergence profonde pour le moment. Oui, un désaccord politique sérieux.

Mais nous pensons, que cela peut changer si toutes et tous, avec les citoyens, nous reprenons le chemin du collectif. Oui, si nous décidons l’espoir, et ce avec le peuple souverain, alors nous pourrons y arriver.

Voilà, tout un programme dans lequel sont engagés les communistes durant tout cet été, avec leurs fêtes et initiatives festives, conviviales, populaires.

Initiatives sous l’égide du 80ème anniversaire de ce grand rassemblement politique que fut le Front Populaire.

Un rassemblement qui s’est déterminé sur des bases de classe et qui s’est donné les moyens pour cela. Un rassemblement où le PCF fut un outil essentiel pour favoriser le lien nécessaire entre le mouvement social divers et le mouvement politique, où l’intervention populaire, citoyenne a été déterminante.

Peut-être quelque chose qui nous manque actuellement en France.

 

 

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