LETTRE OUVERTE A Mr FAUVEL

par Laurent PEREA Secrétaire Départemental du PCF, Maire de Saint Capraise de Lalinde

LETTRE OUVERTE A Mr FAUVEL

 

Et voilà, Monsieur Christophe FAUVEL, patron du MEDEF 24 et Régional, coutumier du fait, y va de sa verve populiste pour s’en prendre à la mobilisation justifiée des salariés contre la « Loi Travail », et surtout… de la CGT et autres organisations syndicales actuellement dans la lutte.

Et ses effets de langage l’amène même à « péter les boulons » comme on dit, en se permettant de poser des accusations outrancières envers la CGT EDF en les traitant sans fondement de voleurs.

Allons, monsieur FAUVEL, qui sont les voleurs aujourd’hui ? Les salariés à qui l’on soustrait des décennies de luttes en voulant leur confisquer le Code du Travail par la loi El Komri?

Une loi qui caractérise l'échec d’une politique gouvernementale en matière d'emploi, vous laissant le champ libre à vous MEDEF, qui multipliez les exigences.

Une exigence comme en a appelé votre camarade GATTAZ, à mettre en place un « contrat de travail agile » par lequel il faut bien sûr comprendre un contrat de travail flexible car pour vous le contrat de travail actuel est devenu aux yeux des employeurs un «problème structurel».

Pour vous, le CDI serait un « contrat du siècle précédent, structurellement inadapté à notre économie contemporaine ». et pour cela vous réclamez un contrat de travail facile à rompre. Le licenciement serait de droit si l'entreprise va mal ou si le salarié n'atteint pas les objectifs assignés.

En fait, au travers le la « Loi Travail » vous rêvez d'un volume d'emploi qui s'ajusterait le plus vite possible à toute évolution de la production, un « travail liquide », à l'image du capital sur les marchés financiers. Tous les risques seraient transférés sur les salariés, qui constitueraient en quelque sorte une « armée de réserve » dans laquelle les employeurs pourraient piocher à loisir.

C'est oublier que le travail est constitutif de l'entreprise, qu'il intègre une expérience accumulée et qu'il a besoin d'être appréhendé sur le long terme. Dans votre vision, le travail devient une marchandise comme les autres. L'emploi n'est plus que le prétexte. L'objectif est clair : quelle que soit la conjoncture, le profit, le bénéfice et la rémunération des actionnaires demeureraient intouchables.

Il faut à l'inverse sécuriser le travail, ce qui ne veut pas dire figer les emplois. Les qualifications, les manières de produire sont en train de se transformer rapidement. Le développement de toutes les capacités humaines, celles de l'ouvrier comme celles de l'ingénieur, est un enjeu de premier ordre.

Développer des ressources en emplois et en qualifications doit devenir la priorité. Il faut garantir à tous l'accès à la formation car l'hécatombe actuelle des suppressions d'emplois se conjugue avec un manque de qualifications reconnues.

Et à bon entendeur, si vous vous dîtes prêt à négocier, il y a autre chose d'essentiel : si l'on veut créer « un choc » en faveur de l'emploi, il ne s'agit pas de casser le code du travail, mais d'éviter à tout prix que le salarié passe par la case chômage en créant une véritable « sécurité sociale professionnelle » !

Pour terminer, vous ne manquez pas d’air, en voulant traiter les autres de voleurs !

En effet, au moment où nombre de vos collègues du MEDEF sont empêtrés dans les affaires comme Panama Papers, ou qui s’octroient des parachutes dorés ou dividendes hors sol sur la dos des salariés ; ou encore qui s’engraissent de fonds publics par le biais du CICE, juste pour gonfler leurs profits… Qui sont les voleurs ?

Oui, qui sont les voleurs, lorsqu’on apprend que les riches sont toujours plus riches, que 1% des plus riches sur la planète détiennent, 47% de la richesse mondiale ?

Ah, je sais, vous allez nous dire, dans un populisme millimétré que vous ne partagez pas ces pratiques. Mais alors, dîtes nous ce que vous avez fait de votre CICE, et tant qu’à faire le montant qu’a touché votre société ?

Et pour conclure, je vous rappellerai une petite chose : celles et ceux que vous fustigez, que vous insultez mêmes, ont un soutien majoritaire des salariés à l’occasion des élections professionnelles… Ces d’ailleurs en partie, ces mêmes salariés qui vous font vivre « richement » en étant des consommateurs de formation chez vous… auxquels se rajoutent des dizaines de milliers de fonds publics de formation.

Pour le cas, au bout du compte, ceux que vous traitez de voleurs, en fait se sont eux les volés. Et malheureusement, une écrasante majorité des PME/PMI/TPE, artisans et commerçants sont elles même les victimes de ces politiques de la finance que vous soutenez.

Alors vous comprendrez, que face à vos propos, nous encourageons cette France courageuse, celle qui ose se rebeller contre ces projets de lois mortifères pour notre société, celle qui rêve d’un autre avenir que celui que vous lui promettez.

Et si par cas, vous voulez en discuter, je suis votre homme.

Amicalement,

Laurent PEREA

Secrétaire Départemental du PCF

Maire de Saint Capraise de Lalinde

 

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