Solidarité « L’honneur » de Cédric Herrou à la barre

Article de L'Humanité de Marie Barbier le 5/1/2017


Le procureur du tribunal de Nice a requis huit mois d'emprisonnement avec sursis pour Cédric Herrou.
Avant le début de son procès qui s’est tenu hier après-midi à Nice (Alpes-Maritimes), Cédric Herrou a tenu à rappeler à la presse le fondement de son engagement.
 

« Ce que je fais n’est pas un sacrifice, c’est un honneur. » Avant le début de son procès qui s’est tenu hier après-midi à Nice (Alpes-Maritimes), Cédric Herrou a tenu à rappeler à la presse le fondement de son engagement. L’agriculteur est jugé pour avoir aidé une cinquantaine d’Érythréens à s’installer dans un centre de vacances SNCF désaffecté à Saint-Dalmas-de-Tende. L’occupation sans autorisation de ce centre, dénoncée avec force par les élus locaux LR, avait pris fin avec l’intervention des forces de l’ordre au bout de trois jours. En août 2015, celui qui dirige une exploitation produisant des olives et des œufs dans la vallée de la Roya – où s’est mis en place un collectif d’aide aux migrants – avait déjà été inquiété par la justice pour le transport de huit Érythréens mais le parquet de Nice avait classé l’affaire sans suite. « Notre rôle, c’est d’aider les gens à surmonter les dangers, et le danger, c’est cette frontière qui a été établie au nom du terrorisme », a-t-il aussi déclaré. Pour aide au séjour irrégulier, il risque cinq années d’emprisonnement. Le 23 novembre, six mois de prison avec sursis ont déjà été requis à Nice contre un enseignant-chercheur du CNRS poursuivi pour avoir convoyé des Érythréennes venues d’Italie, dont le jugement sera rendu demain.

 

Actualisation : Après une longue audience, Cédric Herrou - entré dans le tribunal vers 15h20 - en est sorti vers 20h00. Le procureur a requis une peine de 8 mois de prison avec sursis avec mise à l'épreuve, la confiscation du fourgon qui pourtant appartient à "Roya citoyenne" qui n'a pas été poursuivie et la limitation de l'usage de son permis de conduire. Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 10 février à 8h30... Parce qu'il aurait agit non par "solidarité", mais par "militantisme". On lui reproche la médiatisation de son affaire et l'utilisation à des fins politiques de la justice.

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