UNE PORTE OUVERTE SUR L'ESPOIR

Article "Echo Dordogne 22/12/2016" par Philippe Jolivet

 Alors qu’au niveau du département le PCF a mené plusieurs initiatives pour commémorer les 80 ans du Front Populaire, Jean-Paul Salon revient sur cette période qu’il connaît bien pour y avoir consacré un livre.


Ne pas oublier le Front Populaire sans pour autant être nostalgique, c’est sous cet angle que Jean-Paul Salon aborde cette période.
« Du point de vue du souvenir, c’est un formidable espoir dans la situation actuelle que connaît le pays », explique-t-il. Chômage de masse, baisse du pouvoir d’achat, recul sans précédent des droits des travailleurs, montée de l’extrême droite ne sont pas une fatalité pour Jean-Paul Salon, « Le projet politique pour en sortir existe, la question qui se pose c’est celle du rassemblement. Car en se rassemblant autour d’un projet anticapitaliste, nous proposons une opposition à la droite et à l’extrême droite et sommes porteurs de l’espoir de changer les choses ».

Et s’il ne faut pas verser dans la nostalgie lorsqu’on regarde ce qu’à été le Front Populaire, « c’est qu’aujourd’hui, les contextes ne sont plus les mêmes et qu’il faut inventer la façon de se rassembler pour atteindre cet objectif ».

Mais en quoi les contextes ont-ils changé ?
« Tout d’abord, il n’y a pas de classe ouvrière unifiée. Il y a une multiplicité et une grande diversité de syndicats. Et politiquement, la gauche n’est pas unifiée autour d’un projet de transformation de la société. Au contraire, une partie d’entre elle accepte le libéralisme et ses conséquences ».

Comment donc créer les conditions de l’union ?
« Le projet de transformation sociale doit devenir l’affaire de tous et de tous ceux qui veulent changer. Et le moyen unificateur, c’est la démocratie. Le travail que doivent faire les communistes et les autres forces qui veulent le changement c’est de faire en sorte que s’engage pour les élections à venir, et pour après, une constitution démocratique qui donne à voir ce qu’est l’ambition de donner le pouvoir au peuple ».

Dans ce contexte, le livre qu’il a publié il y a quelques années aux éditions La Lauze et préfacé par le regretté Roger Ranoux « Au temps du Front Populaire », est riche d’enseignement sur le rassemblement.
« Il montre que dans les conditions particulières de ce qu’est la Dordogne, il est possible d’engager une construction complètement inédite basée sur la démocratie. Au temps du Front Populaire en Dordogne, il y avait une cinquantaine de comités du Front Populaire, soit quasiment une par canton, rassemblant toutes les forces progressistes et surtout beaucoup de jeunes qui étaient capables d’organiser aussi bien des rencontres, des débats pour le Front Populaire, que des manifestations contre les ligues fascistes. Et ce qui est intéressant c’est que dans ces comités de nombreux militants qui n’appartenaient à aucun parti avaient leur place voire même en étaient les principaux animateurs. C’était par exemple le cas de Jean Delcayrou qui était l’animateur départemental de la Libre Pensée et qui était président des Jeunes contre le fascisme et animateur d’un des comités départementaux du Front Populaire.

L’histoire du Front Populaire montre qu’il y a toujours une porte ouverte pour reconstruire l’espoir. à nous aujourd’hui de nous en servir.
 
Ce livre montre comment une politique nationale peut s’articuler parfaitement dans sa mise en œuvre. Au fond la lutte pour le Front Populaire en Dordogne c’était comme partout en France du local au global. Du département au national et vers l’Europe et l’internationalisme. Dans les campagnes, la lutte s’est concentrée contre les saisies-ventes des petites fermes et des métairies. Dans le monde ouvrier, ce qui est notable c’est la grande participation au Front Populaire de salariés de petites entreprises du département où il n’y avait pas encore de syndicats. Et dans les grandes entreprises, ça a été les occupations d’usines aux papeteries de Condat ou chez Marbot Bata. Enfin ça a été la traduction politique de toutes ces luttes avec la victoire de deux députés communistes aux élections de 1936. Paul Loubradou et Gustave Saussot».

Un livre que Jean-Paul Salon a réalisé en se basant sur des travaux universitaires sur le Front Populaire et sur des recherches aux archives départementales de la Dordogne.
Des exemplaires de ce livre sont toujours en vente auprès des Editions La Lauze au 05 53 09 09 51.
 
 
 

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