Discours Vœux de la Fédération de la Dordogne du PCF Samedi 23 Janvier 2016

Par Laurent PEREA –Secrétaire Départemental


Cher(e)s Ami(e)s, Cher(e)s Camarades,


Merci à toutes et tous de votre présence à ces vœux de notre fédération.


Je veux d’abord remercier toute l’équipe de la fédération et tous les bénévoles présents régulièrement à nos côtés ici, au siège, ce matin encore pour vous accueillir et faire de cette cérémonie de vœux une réussite.


Remercier bien sûr tous les militantes et les militants communistes qui se sont dépensés sans compter en 2015.
Je suis très heureux de partager ce moment fraternel avec vous, tant l’année passée aura été éprouvante.

Oui, éprouvante, parce que l'an passé, la terreur a frappé notre pays par deux fois.
nous avons pleuré, nous avons éprouvé la peur, la colère, la violence.
nous avons éprouvé notre fragilité.
nous avons marché, nous avons débattu, nous nous sommes réconfortés, nous avons voté pour un certain nombre d'entre-nous.
des mots ont été prononcés, très souvent durant toute cette période, et en particulier, un mot: celui de la République.
je ne vous dirais pas que les discours répétés à l'envie, ont changé quelque chose… Car ce n'est pas vrai.
car des mots qui ont été prononcés, depuis des valeurs qui ont été brandis en étendard, ne reste au fond que peu de chose.
TOUT, Tout, continue comme avant et comme si rien ne s'était passé.
Le pouvoir instrumentalise la peur, et le système médiatique abaisse notre débat public en le réduisant à un affrontement violent et sans idée.
chacun est prié, à hurler sa petite phrase et de parler, surtout de ce qu'il ne connait pas.
certes, cet épuisement moral que connait notre pays, n'est pas très original.
certes, de nombreux pays connaissent comme le notre, un recul des valeurs démocratiques, des tendances politiques autoritaires, ou encore, un débat médiatique, qui chaque jour insulte l'intelligence du grand nombre.
certes, nous vivons une crise, qui comme chaque crise, provoque des mouvements contradictoires, exacerbe les tensions, l'agressivité, alimente les peurs…


cette peur qui est l'ennemi de la démocratie, cette peur qui est notre ennemi, car est une force réflexe, une force animale, qui paralyse notre raison.
la République n'est pas seulement une ensemble de règles formelles… La République a besoin de nos vertus, de l'éducation, de citoyens éclairés, par une presse conscient de sa responsabilité démocratique essentielles, et par des représentants du peuple, dignes de parler en son nom.
la République, notre démocratie, ont besoin que le débat public aborde honnêtement des question complexes. Et tout simplifier, tout toujours simplifier, ne rendra pas les problèmes auxquels notre pays est confronté, plus simple à résoudre.


Cher(e)s Ami(e)s, cher(es Camarades, vous le savez pour beaucoup, voilà près de trente ans que je milite, syndicalement, puis politiquement comme élu et comme secrétaire départemental de cette fédération aujourd'hui, et c'est un grand honneur pour moi.


Croyez moi, je m'y suis consacré sans réserve, et mon engagement n'est pas épuisé.
Mais je dois vous dire qu'il m'est chaque jour, plus insupportable que notre système politique, et notre système médiatique trahissent dans leur masse, les idéaux qui ont donné foi dans notre pays.
Certes, en matière politique, il n'y a pas d'oie blanche, et les affaires de l'état, réclament souvent de la tactique et de la "rouerie". Mais que reste t-il aujourd'hui?
Que reste t-il, à part le spectacle permanent de la tactique?
Que reste t-il dans les yeux de nos concitoyens, à part, le spectacle de l'art de duper, d'écraser son adversaire, et de tromper son ami?
Je pourrais vous dire en quelques mots, pourquoi je suis opposé avec mon parti, et j'ai conscience, qu'au jour d'aujourd'hui, en cela, d'être bien minoritaire dans notre pays, à la déchéance de nationalité.
Je pourrais vous livrer comme je l'ai lu de Pierre Joxe ou encore, d'Anne Hidalgo, maire de Paris, un ou deux arguments de devoirs et de principes.


Permettez-moi d'ajouter, un argument d'un autre ordre.


Quand au surlendemain du drame national que nous avons vécu, le choix que fait le gouvernement de la République, est de modifier la constitution de notre pays, pour des raisons que nous savons, notamment de tactique électorale, à la veille d'échéances nationales; prenant sciemment le risque d'approfondir un peu plus, les divisions de la nation… Alors, je crois qu'ils commettent une mauvaise action.


Mes Cher(e)s Ami(e)s, Mes Cher(e)s Camarades, ne croyez pas à m'entendre que je désespère, bien au contraire.
Et je voudrais vous parler de choses plus légères, mais les temps que nous traversons, sont des temps de crise, des temps de troubles, des temps de grands changements, des temps d'orages et de crues.
Comment voulez-vous que nous résolvions les vastes problèmes de la révolution technologique, et de la planète, du commerce et de la production internationale, de l'Europe, du travail, de la paix et de la guerre, avec des idées politiques souvent si courtes, que le lendemain, nous les avons déjà oubliées.


Ce matin, je veux vous dire ma conviction, qu'à la racine de nos institutions, qu'à la racine d'une grande nation, il y a ce sentiment fragile, proprement démocratique, d'être d'une part, une part, mais une part tout de même, d'une aventure lumineuse, juste, morale.
Winston Churchill, à qui l'on demandait pendant la guerre, de baisser le budget de la culture, répondit: "Mais alors, pourquoi faisons nous la guerre?..."
Je pense, que nous devrions y réfléchir.

 

A ce moment de mon propos, je ne pourrais pas faire l'impasse de l'échéance régionale qui a eu lieu en Décembre.
Tout d'abord pour saluer ici, celles et ceux présents, avec qui nous avons menés campagne collective.
Ensuite, dire, sans ambages, que pour le Front de Gauche, cette élection, a été un échec, auquel il nous faudra tirer toutes analyses, sans faux fuyants, sans la recherche de bouc émissaires…. Mais avec une volonté collective d'en tirer tous les enseignements.


A l’issue d’une campagne électorale marquée par le contexte national douloureux qui a touché chacune et chacun d’entre-nous au plus profond de lui-même, s’est achevée une séquence électorale marquée par la peur, la déception, l’inquiétude et la colère.


Une séquence électorale difficile, dans laquelle le débat s’est trouvé trop souvent réduit au seul discours de l’extrême-droite ; à un discours et à quelques personnalités – les membres d’un clan – qui auront, malheureusement focalisé l’essentiel de l’attention médiatique et – c’est le plus grave – entraîné le déplacement progressif vers la droite, d’une grande partie des discours et des thèmes de campagne.


Pourtant, c’est une catastrophe nationale à laquelle nous avons réussi à échapper cette fois-ci.
Une catastrophe qui aurait fait basculer la France dans un autre monde, celui du repli sur soi, celui que les générations passées ont eu à connaître et contre lequel elles se sont battues avec acharnement.
Une catastrophe de plus en Europe me direz-vous, car après les exemples polonais, hongrois, suisse ou autrichiens, mais une déflagration politique pour notre pays qui depuis plus de deux siècles revendique l’universalité des valeurs et des concepts qu’il a inscrits au cœur de ses institutions, au sein même de sa constitution : la liberté, l’égalité et la fraternité.


Si nous y avons échappé, ce n’est que de justesse et nous pouvons, collectivement, remercier les centaines de milliers de nos concitoyens qui ont du, en conscience, faire des choix difficiles, parfois mêmes contraires à leurs convictions les plus profondes et glisser dans l’urne des bulletins, expressions d’un choix contraint, d’un choix par défaut, expressions d’un désarroi citoyen face à une démocratie qui semble, progressivement, perdre son sens.
Ce désarroi s’explique. Il a des expressions multiples.


Ne pas les comprendre, ne pas les accepter, ne pas les analyser serait commettre une faute inexcusable.
Car, dans les temps où se conjuguent crise institutionnelle, désespérance sociale, cécité politique, nous le savons, peut vite se transformer en impuissance et l’impuissance, à son tour, virer au cauchemar historique.
Le 6 et le 13 décembre, c’est une France inquiète, déçue et en colère qui est sortie des urnes que près de la moitié des électeurs ont choisi d’ignorer.


Une France exaspérée par le chômage et les fins de mois toujours plus difficiles.
Une France fatiguée des sacrifices demandés et toujours consentis sans obtenir ni reconnaissance ni contreparties.
Une France tétanisée devant les inégalités qui s’aggravent et auxquelles aujourd’hui nous ne nous attaquons pas.
Une France, enfin, inquiète de voir sa sécurité menacée et son sol devenir la cible d’une armée étrangère qui vise ses enfants et manipule les peurs pour semer le chaos , diviser et détruire la cohésion nationale.
Au 2ème tour, près de 7 millions de Français, ont choisi d’exprimer leur lassitude, leur volonté de voir les choses changer. Le parti d’extrême droite a battu ce soir-là tous ses records en termes de nombre de voix recueillies.
De toute l’histoire de la Ve République, jamais l’extrême droite n’aura été si puissante.
Son score est historique. Il doit donc résonner à la hauteur de la déflagration qu’il représente.
C’est une sanction sans appel. C’est un signal d’alarme.


C’est l’ultime appel au secours d’un peuple qui n’en peut plus d’attendre que l’on vienne à son chevet.
Au soir du premier tour, face à la menace de victoire électorale du front national, nous avons appelé, chaque républicain sincère à la responsabilité et à faire face.
Ce devoir républicain pour lequel nos compatriotes se sont mobilisés massivement lors du second tour ne donne quitus à personne.


Il s’accompagne nécessairement d’un impératif, adressé à ceux qui ont placé la France et les Français à un tel niveau d’exaspération, celui de regarder la situation avec lucidité et d’agir maintenant pour l’avenir de notre pays.
Chacun de nous a besoin de se projeter, de trouver la place d’un avenir individuel et de notre destin collectif.
Mais pour se projeter, ce n’est plus de discours ou de promesses dont les Français ont besoin mais de faits tangibles, de propositions d’actions et de réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes.
La patience d’un peuple a ses limites. L’ignorer serait repartir comme si de rien n’était et serait prendre le risque qu’aux prochaines échéances, les appels à la raison et à la responsabilité citoyennes, ne trouvent plus aucun écho.
Au second tour, la France a trouvé, en elle-même les ressorts pour résister face à l’extrême droite et c’est une bonne nouvelle..


C’est la preuve qu’à l’heure des choix, notre peuple ne se résigne pas si facilement et trouve encore la force de vouloir avancer et espérer.
L’heure n’est pourtant pas au lâche soulagement.


Avec 25 millions de Français qui se sont abstenus ou ont choisi le vote blanc ou nul, c’est suffisamment clair.
Hélas, il ne semble pas avoir été entendu par tous.
L’accélération des réformes promise au soir du second tour s’est ainsi concrétisée dès le lendemain avec l’annonce faite aux 1,7 millions de salariés du secteur privé payés au salaire minimum qu’ils ne bénéficieraient, d’aucun coup de pouce pour la troisième année consécutive, il y a de quoi être inquiets pour la suite car, là aussi, le message semble clair.


Aucun infléchissement de cette politique qui précarise et aggrave la situation des familles. Celle-là même qui inquiète, qui exaspère et qui conduit les uns à épouser les thèses de l’extrême droite et qui amène beaucoup d’autres à faire le choix d’une mise en retrait de la vie démocratique ; une mise en retrait.
Forts de ces constats, nous sommes donc autorisés à dire haut et fort à ceux qui ont la responsabilité des affaires de la nation : attention.


Attention car à chaque élection, de rudes avertissements se succèdent.
En 2010, le Front national comptait 112 élus.
Il en compte aujourd’hui 358 et devance désormais le parti socialiste dans de nombreux hémicycles régionaux.
Dans deux grandes régions, la région PACA et le Nord-Pas de Calais-Picardie, il n’y a plus de conseillers régionaux de gauche pour les combattre et soutenir les politiques publiques en faveur des populations.
Dans de telles conditions, imaginer que le sursaut citoyen – le sursis citoyen – du 13 Décembre dernier, amène le pouvoir à repartir demain comme si de rien n’était, ce n’est plus une erreur d’appréciation, c’est une faute historique, un manquement pour la gauche.


Ne nous faisons pas d’illusion, les partisans d’un rapprochement, d’une recomposition au centre, ne manquent pas.
Dans le journal « Les échos », un ancien ministre de l’économie et des Finances du Gouvernement Ayrault, aujourd’hui commissaire européen, assume clairement cette perspective pour 2017 et revendique, en réponse à la déflagration électorale – comme le Premier ministre – l’accélération des réformes et la flexibilisation du Code du travail.
Est-ce là la réponse au message adressé le 6 décembre dernier par les Français qui, selon un sondage réalisé par Harris Interactive, à la question « au moment de voter, quels sont les enjeux qui ont le plus compté pour vous » ont, à plus de 41 %, répondu « l’emploi » devant l’exigence de sécurité et d’éducation ?


Il n’y a pas et il n’y aura pas de salut sans réponse à l’urgence sociale, sans répondre aux 5 millions de chômeurs.
Nous avons les moyens d’une nouvelle politique : les moyens financiers, les intelligences , les savoir-faire… Bref, nous avons les moyens de bâtir une France nouvelle assurant à chacun un présent et un avenir positifs.
C’est une affaire de volonté.


L’outil de cette politique : une économie devenue la science du partage et non pas celle de l’appropriation des richesses par une poignée de privilégiés.
Nous sommes à la croisée des chemins.


Notre peuple est en quête d’un nouvel avenir. Nous devons à nouveau être l’écho de ses douleurs et les porteurs efficaces de ses espoirs.
Nous devons travailler avec lui, au plus près de lui, dans les entreprises, dans les campagnes, dans les quartiers pour lui permettre de résister aux malveillances de ce système pour lui permettre de reprendre sa vie en main en portant ses aspirations au pouvoir.


Je sais que devant les espoirs déçus, d’alternance en alternance, nos concitoyens sont de plus en plus nombreux à penser que l’action collective est vaine et que seule l’action individuelle peut encore leur permettre de s’en sortir. Nous-mêmes, les militants, nous en venons parfois à douter de la politique.
Nous devons donc ouvrir le débat dans la société française sur les responsables de la crise économique et sociale et sur la façon d’y mettre un terme. Un débat d’ailleurs que le gouvernement s’empresse de refermer en instrumentalisant les attentats par une rhétorique guerrière et sécuritaire.


Alors si nous voulons être audibles de nos concitoyens, la première chose c’est de ne pas faire l’impasse sur l’enjeu de la lutte contre le terrorisme qui est une dimension nouvelle et durable de la situation politique.
Ce que nous voulons, c’est un nouveau pacte républicain pour promouvoir un nouvel essor des services publics, garantir indissociablement sécurité et liberté des individus en donnant les moyens nécessaires à la justice et à la police. Nous n’accepterons pas que soit contourné l’État de droit par une multiplication de lois antiterroristes et un état d’urgence rendu permanent.
Ce que nous voulons, c’est un nouveau pacte républicain pour réaliser l’égalité, pour répondre aux besoins sociaux, soutenir l’éducation et la culture au lieu de servir la finance, pour rendre le pouvoir au peuple au lieu d’organiser sa confiscation. Nous refuserons la division de notre société en deux catégories de français que créerait l’extension de la déchéance de nationalité aux binationaux.


Ce que nous voulons, c’est un nouveau pacte républicain pour promouvoir la fraternité.
Mesurons la gravité de ces actes et disons haut et fort que la France ne peut pas tolérer ces actes de haine ! Ça suffit la course à l’extrême droite ! Ça suffit ce pouvoir qui divise encore et toujours !
Agissons donc dans les jours qui viennent avec toutes les forces syndicales, associatives, citoyennes disponibles pour continuer d’informer nos concitoyens des dangers de la déchéance de nationalité et d’un état d’urgence permanent.
Interpellons tous les parlementaires pour leur demander de voter contre au Congrès.
Mobilisons-nous pour faire de la manifestation du 30 janvier prochain, une grande manifestation pour nos droits et nos libertés. Et proposons à toutes les forces disponibles de poursuivre cette mobilisation en construisant avec notre peuple le nouveau pacte républicain dont la France à besoin, un pacte qui refonde la République pour la renforcer face à ses pires ennemis.


Et, agissons en même temps pour exiger un changement complet de la politique extérieure de la France, qui doit porter la voix de la paix, mettre un terme à la stratégie de « guerre au terrorisme » qui a échoué,
Je veux ici signaler que notre parti prépare actuellement une initiative très importante, une conférence mondiale pour la paix et le progrès, qui se tiendra en amont de notre congrès de juin prochain, en présence de nombreuses personnalités.


Nous pensons que la France devrait être fière des femmes et des hommes qui se mobilisent chaque jour dans les entreprises pour améliorer les droits de tous les salariés.
Et quand je dis ça, j’ai honte, oui honte, de la justice de mon pays quand elle condamne les syndicalistes de Goodyear. Aux huit de Goodyear, les communistes de Dordogne apportent toute leur solidarité. Nous agirons à leur côtés dans les semaines qui viennent pour faire annuler ce jugement inique. Et nous serons aux côtés de tous les syndicalistes dont le gouvernement tente de criminaliser l’action comme cela est régulièrement le cas partout aujourd'hui.
C'est dans ce contexte que nous allons tenter d'aborder dans la clarté sur nos objectifs le nécessaire débat qui s’ouvre sur la reconstruction de la gauche et dont les échéances électorales de 2017 seront une étape essentielle.
L’élection présidentielle est celle que nous redoutons le plus, tant elle personnalise les enjeux au détriment du débat de projet. Manque de chance, mes camarades, elle est aussi l’élection la plus investie par les français. Et les trois années de difficultés politiques que nous venons de vivre montrent à plus d’un titre qu’on ne peut pas faire l’impasse sur cet enjeu.


Notre objectif doit être de faire des échéances présidentielles et législatives de 2017 une étape décisive de la recomposition de la gauche.
Parce que nous ne pourrons pas faire l’impasse sur l’objectif de la présence d’une candidature de gauche au second tour de la présidentielle, nous devons viser une candidature sur un projet et des valeurs de gauche qui soit la candidature de toute la gauche, la candidature naturelle des millions de femmes et d’hommes qui ne se reconnaissent pas dans la candidature de François Hollande, d’ores et déjà disqualifiée par l’échec de sa politique.
Et le seul moyen d’y parvenir est de créer un processus collectif dans lequel ces millions de personnes et les forces politiques qui le souhaitent peuvent être acteurs de la construction de ce projet et de cette candidature. Des personnalités politiques et des intellectuels ont pris récemment l’initiative d’un appel à une primaire citoyenne qui suscite d’ores et déjà l’intérêt de dizaines de milliers de personnes. D’autres appels sont en préparation.
Nous devons ouvrir en grand notre porte à ces forces, et échanger avec elles à tous les niveaux de notre parti, non pour dire oui sans condition à leurs initiatives mais parce qu’elles sont comme nous en recherche d’une alternative. Et peut-être que de cet échange, de nos propres propositions, naîtra un cadre partagé par toutes et tous qui sera susceptible de déverrouiller le piège dans lequel le pouvoir actuel, la droite et l’extrême droite veulent nous enfermer.


Multiplions donc les contacts, pour recenser les forces disponibles, les militants politiques, syndicaux et associatifs et tous les citoyens intéressés et échanger avec eux pour tenter de créer ce cadre partagé par toutes et tous. Et nous devrons veiller à la maîtrise démocratique de ce processus par les communistes qui décideront in fine au congrès de juin prochain.


Un congrès important, avec lequel nous voulons nous donner trois objectifs :


1 – Clarifier dans un texte fort et lisible le projet politique que nous portons pour la France.
2 – Dire dans une résolution politique ce que nous voulons et proposons pour les élections de 2017, à commencer par l'élection présidentielle d'abord législatives et sénatoriales.
3 – Procéder à tous les changements, adaptations et transformations nécessaires de notre Parti pour se hisser à la hauteur de la période.


Pour conclure, je vous dirais ici, qu'en Dordogne, dans nos communes, nous voulons nous aussi, nous donner les moyens de construire un destin collectif.
Les embûches sont nombreuses; nos volontés rencontrent des réalités, des incertitudes budgétaires, institutionnelles et politiques, qui ne doivent pas être niées.
Notre territoire, avec désormais la nouvelle grande région et la métropole qui pointe, vient de connaitre une étape importante depuis ce 1er Janvier.


En devenant une réalité institutionnelle, certes encore flou, elle nous oblige à considérer globalement les problèmes, et les réponses que nous pouvons y apporter; et même, si malheureusement il n'y aura pas d'élus du Front de Gauche et du Parti communiste pour peser dans l'institution, elle-même.
Car un risque existe, que cette idée de grande région devienne une nouvelle course à l'égoïsme et ne soit pas l'outil dont nous pourrions rêver, c'est-à-dire, l'outil de rééquilibrage territorial, et je pense, en particulier, à des département ruraux à faibles revenus, comme le notre, la Dordogne.
Face à cette menace, nous devrons donc inlassablement, réaffirmer l'exigence d'une région, basée sur la solidarité financière, une région garante du rééquilibrage des territoires, démocratique, et qui puisse répondre aux enjeux d'avenir.


Je dis cela, parce, ne nous le cachons pas, pour 2016, en Dordogne, dans nos collectivités, comme partout, pour les collectivités territoriales, la période est difficile.
Des millions d'euros de dotations en moins, sur le total de notre territoire, dont nous allons être privés dans les trois prochaines années.
Et comme j'ai eu l'occasion de le dire en d'autres circonstance dernièrement, lors des vœux à la population dont je suis Maire, un nombre d'institutions, en rafale, je dirais, sont en train d'annoncer aux communes, des baisses de crédits, ou de subventions.
C'est le cas pour le Conseil Départemental de la Dordogne… Et cela va être une difficulté quotidienne supplémentaire pour les élus.
Alors là aussi, des batailles seront à mener, pour un véritable développement de notre territoire.


+J’ai abordé brièvement la tenue de notre congrès de Juin.
Un élément important dans cette période, au-delà des questions que j’ai abordé, va être mis en réflexion, que j’ai posée et que nous avons débattu lors de notre Conseil Départemental de cette semaine.
Ce ne sera pas un scoop pour les dirigeants de la fédération, depuis 2010 je l’avais déjà posé : celui de commencer à réfléchir à créer les conditions de mon remplacement à la responsabilité de secrétaire départemental..
Voilà aujourd’hui, cela fais 10 ans que je suis à cette responsabilité.


Ce changement, je le conçois, n’est pas une question anodine, n’est pas non plus une question neutre.
Notamment dans une situation politique difficile, complexe, où la prochaine équipe dirigeante départementale sera attendue, tout comme la ou le prochain secrétaire départemental, quand il sera élu.
En ce sens, en toute responsabilité, va être posé aux communistes, sans précipiter les choses, un processus, un calendrier, pour permettre de travailler, tout d’abord, d’ici le congrès départemental d’ici Juin, à réévaluer l’organisation territoriale des sections, avec cette volonté farouche de faire émerger de nouveaux cadres, nouvelles et nouveaux dirigeants, pour les mettre en situation de responsabilité, et ce avec également cette volonté de renouvellement, de rajeunissement, de féminisation, de rotation des cadres dans l’organisation.
Processus, qui d’ici Juin, devra nous amener à proposer également, une direction départementale renouvelée, avec ces mêmes ambitions et objectifs.


Et pour permettre de mettre en situation concrète de responsabilités, de direction, de nouvelles et nouveaux dirigeants.


Quand je dis cela, il n’y a aucune volonté de ne pas prendre en compte, des compétences, des expériences existantes au sein de notre fédération, bien au contraire de pouvoir les utiliser dans la mixité.
Ce processus, pour travailler dans la période qui suivra le congrès de Juin, et de manière sereine, à faire émerger celle ou celui à qui les communistes pourront livrer les clefs du parti du centenaire que nous allons fêter, avec une équipe en place pour affronter l’avenir, à partir des ambitions que se fixera notre parti.
Processus qui devra nécessairement calibrer son timing, dans le délai qui sera décidé opportun et le plus rapide possible, avec la décision que nous aurons à prendre d’un congrès extraordinaire départemental après celui de juin 2016.


Congrès extraordinaire qui aura à charge de réfléchir plus profondément, à notre organisation, son développement et déploiement, son utilité dans la société et ici en Dordogne, sa politique des cadres, etc… Et au bout, réévaluer da direction collective départementale, et donc, faire le choix de sa ou son secrétaire départemental.
Donc, une véritable réflexion en lien avec nos ambitions politiques, où je prendrai, bien entendu toute ma part.
C’est aussi ça, travailler à se tourner vers l’avenir.
Maintenant, ce sera aux communistes de débattre de cette proposition, et d’en décider la finalité.

 

Allez, il faut savoir finir… et pour cela, je terminerai par une note plus joyeuse.
L'année 2016 enfin, va connaitre un moment d'importance.
Nous fêterons en 2016, les 80 bougies du Front Populaire.
Notre parti, bien évidemment s'y associera, au nom de son histoire, mais également, au nom de la construction de notre avenir commun.


Car ce Front là, a représenté, en son temps, un grand espoir.
L'espoir est la preuve, que le rassemblement, l'unité, la participation citoyenne, la lutte, peuvent donner vie au projet d'humanité les plus importants.


Lorsque vous verrez, tous les reportages qui seront faits sur ce sujet, je vous invite à vous replonger dans vos livres d'histoire, et à remarquer, une chose: c'est que le Front Populaire est l'alliance de deux choses fondamentales.
L'union politique, mais également, l'union citoyenne et sociale. C'est-à-dire, le fait, qu'à un moment donné, ce grand peuple qu'est le peuple Français, est eu la créativité, la force, le courage, de remuer tout ce qui semblait établi, pour pousser la gauche, sur ce chemin qui a été le chemin du Front Populaire.


Cher(e)s Ami(e)s, Cher(es Camarades, je vous souhaite une très belle année 20016, une année de joie, de paix, qui permette à chacune et chacun d'entre-vous, de réaliser ses projets, personnels ou professionnels.
Une année qui nous permette, collectivement, unis, de faire bouger notre département, nos territoires, notre parti.
Ce sont donc, des vœux de bonheur, des vœux pour construire, des vœux pour échanger, des vœux pour écouter, des vœux pour agir, et encore agir; parce que notre responsabilité est immense.


Des vœux de tendresses aussi, des uns envers les autres.
Très bonne année 2016 à vous.
Merci

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