RÉFORME DES COLLÈGES

1- La réforme des collèges proposée par le Gouvernement est une machine à renforcer les inégalités sociales et scolaires

 

2- Pourtant, après les attentats, tous étaient d'accord pour une école qui produise du commun et du partage

 

3- Urgence : des postes pour le collège, des moyens et de la formation pour les enseignants, pour que chaque élève acquière les connaissances pour relever les défis de notre siècle

 

Erreur de diagnostic

Selon Mme Vallaud-Belkacem, les difficultés rencontrées par les élèves au collège tiendraient au caractère trop théorique – et donc ennuyeux – de l’enseignement. Il suffirait de mettre en place des enseignements plus « pratiques » pour faire réussir tous les enfants. Ajoutez à cela les parcours individualisés, vous aurez la réforme du collège. Pourtant, le collège scolarise des futurs citoyen-es qui passent en quatre ans de l'enfance à l'adolescence. Et le bilan est sans appel : les inégalités scolaires se creusent, toujours plus fortement corrélées aux inégalités sociales.

 

L’individualisation n’a jamais permis de lutter contre les inégalités. 

Au contraire, elle isole les élèves dans la difficulté. Associée à l’autonomie des établissements, elle accroît les inégalités et met en concurrence les enfants, les personnels et les territoires. Elle somme les plus en difficulté de choisir précocement leur avenir alors qu’ils n’ont ni les clés ni le temps pour construire leur ambition à partir de ce qu’ils sont réellement et non à partir de l’image d’eux-mêmes que la société leur renvoie. Pourtant, après les attentats de janvier, tout le monde semblait d’accord pour exiger de l’école qu’elle produise du commun, qu’elle enseigne le partage et la coopération. Si nous voulons aller dans cette direction, il est grand temps de rompre avec ces logiques libérales.

 

Urgent de redonner du sens aux apprentissages

Aux enfants, il faut donner le temps d’apprendre des savoirs complexes et de se les approprier. C’est pourquoi le PCF demande l’allongement de la scolarité obligatoire et s’oppose à toutes les tentatives de réduire le temps passé à l’école. Les enseignants aussi ont besoin d'une entrée dans le métier plus progressive, d'une formation initiale et continue ambitieuse et d'heures de service consacrées au travail en équipe. Pourvu qu'on y mette les moyens, loin de devoir se contenter de quelques « savoirs de base », chaque élève est capable de relever ce défi intellectuel.  La vitalité des pratiques culturelles de nombreux jeunes issus des milieux populaires le montre.

 

Des moyens pas à la hauteur

Alors que depuis plusieurs semaines, des collèges se battent pour obtenir les moyens humains nécessaires pour enseigner dans des conditions à peine correctes, la Ministre n'en fait mention à aucun moment. Les postes supprimés par la droite n’ont toujours pas été recréés, les élèves arrivent plus nombreux au collège, les classes sont surchargées, les professeurs absents ne sont plus remplacés. Comme tous les services publics, le collège subit une politique d’austérité qui accroit les inégalités.

 

Le nouveau collège n’a pas grand-chose d’unique

Le gouvernement prend prétexte de difficultés réelles pour en finir avec l’ambition d’une scolarité commune. La gratuité ne doit pas dépendre de collectivités locales plus ou moins riches, plus ou moins engagées dans la réduction des inégalités. La réussite des élèves ne doit pas dépendre des familles, ni de dispositifs d’« aide aux devoirs » marchands ou bénévoles. Au contraire, toute l’école doit être refondée sur le modèle de l’élève qui n’a qu’elle pour réussir.

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