Menus des cantines, services publics : laïcisons le débat !

Depuis que le maire de droite « Les Républicains » de Chalon sur Saône a pris un arrêté pour supprimer les menus de substitution au porc dans les cantines, les camps s’affrontent sur des lignes culturelles, cultuelles et communautaires. Le tribunal administratif de Dijon n'a pas tranché sur le fond, le débat doit s'ouvrir et se poursuivre.

Mais comment pourrait-il en être autrement puisque la laïcité républicaine française, principe permettant de « faire société », n’a été invoquée par le maire que pour mieux être instrumentalisée comme le caractérise, de manière indécente son cri de soi-disant victoire de camp de la laicité .

La laïcité n’est pas une arme tournée contre les religions, ni un instrument de domination pour imposer ses propres croyances, ou un seul mode de vie.

La laïcité a été conçue pour que, quel que soit notre foi, notre opinion, nous puissions trouver la manière de vivre ensemble dans le respect des uns et des autres. Elle permet de s’adapter aux évolutions de notre société, en prenant le temps du dialogue et du partage, de l’élaboration de règles de vie communes.

Si pour cause de religion ou de régime alimentaire spécifique certains enfants ne mangent pas certains aliments, en quoi cela constitue-t-il un motif d’irrespect pour les autres ? Ces enfants vont très jeunes apprendre l’intolérance, le rejet, l’exclusion. On ne crée pas une communauté de destin en fracturant les relations sur des questions religieuse ou culturelles.

On remarquera que parallèlement à ces mesures les mêmes élus augmentent le prix des repas à la cantine ou reviennent sur la tarification différenciée selon le quotient familial.

Ces pratiques relèvent du même mouvement d’idée qui pervertit le sens de nos valeurs républicaines : partir du juste principe de l’égalité des citoyens devant la loi, pour mettre en place une organisation des services publics (même menu, même tarif) ayant pour effet d’ exclure une partie de ces citoyens de leur droit d’accès.

Les services publics locaux ne doivent pas devenir des instruments de la stigmatisation, au contraire leur rôle est d’être ouverts à tous, tant sur l’accès financier que sur la qualité des services proposés. Ils doivent participer des politiques d’émancipation. Pour se faire ils doivent répondre au principe solidaire : on contribue selon ses moyens on reçoit selon ses besoins.

La solution passe par la modernisation des cantines avec des propositions de choix de menus qui permettent à la fois de vivre dans le respect des uns et des autres et la découverte de la variété des aliments.

Pour travailler ces questions il convient que toutes les personnes concernées, les parents et leurs associations de parents d’élèves, les salariés des cantines, les élus soient associés à la réflexion.

Il y a besoin d’un lieu d’élaboration de ces règles partagées. La création de conseils locaux de la laïcité : lieu de parole, de dialogue et de définition des règles de vie communes est une nécessité.

Revenir