INAUGURATION DE L'ASSOCIATION "LE QUAI" A PERIGUEUX

Discours de Nadja Martinez Présidente du quai et de Laurent Péréa secrétaire départemental du PCF

Nadja Martinez, Présidente du QUAI

 

Bonsoir,

Nous voulons tout d’abord vous remercier d’être venus !

La nouvelle équipe du quai s’est tout d’abord constituée autour de ce lieu, l’espace Aragon, tout comme les équipes précédentes. L’histoire a débuté en 1996 sous la présidence de jean paul salon autour des poèmes d’Aragon, en 2002, bernard szczerba, que nous n’avons malheureusement pas connu, reprend la présidence. Nous lui rendront hommage ce soir, créant ainsi un fil conducteur entre l’ancienne et nouvelle équipe.

Ce lieu nous le voulons ouvert, dynamique, propice à la création et aux idées.

Nous souhaitons avec cette association créer des liens, des liens entre différents domaines, culture, politique, économie, éducation populaire etc. ces liens qui nous donnent les clefs pour mieux comprendre le monde, car cloisonner mène à l’obscurantisme. Ces liens nous les voulons aussi entre les individus, entre professionnels et amateur, détenteurs du savoir et apprenants, nous souhaitons bousculer ces frontières.

Nous voulons lutter pour une culture riche de sens et débarrassée de ses ambitions mercantiles, c’est pour cela que nous voulons que ce lieu soit ouvert à tous et gratuit, aussi bien pour les visiteurs que pour les artistes. La seule contribution que nous vous demandons c’est l’adhésion, si vous le voulez bien, à cette association qui est de 10 euros minimum, vous pouvez donner plus ! Car nous sommes dans un monde où l’argent prévaut à toute (un grand nombre) activité, et cet argent nous permettra de proposer un cadre de plus en plus performant pour accueillir les artistes. C’est là bas que ça se passe !

Vous aurez ce soir pour l’inauguration, pas forcément dans l’ordre, à vous de voir, un conte politique de Monique Burg, des lectures surprises des différents discours de Bernard Szczerba par Dominique Martinez et Lila Marty, extraits de ses discours chroniques d’un président décomposé, une exposition d’œuvres d’Alexandra Fabris, Alaric, Catherine Sultan Saw, Jérémie Charillat, Brian Amiard.

DJ Robert Jean jouera une interprétation des œuvres musicales de bernard et il animera la soirée qui se terminera autour d’un verre, car nous sommes dans ce lieu pour voir, écouter mais aussi et surtout pour nous rencontrer et lever nos verres à nos collaborations futures. Vous avez aussi un buffet pour vous restaurer, et il y aura entre autres interventions.

 

Laurent Péréa secrétaire départemental du PCF

Cher-e-s Ami-e-s,

Tout d’abord bienvenue dans cet Espace Louis Aragon, qui depuis son édification s’est toujours voulu un espace ouvert à l’extérieur, un espace d’échange, ouvert sur la vie, ouvert à ce bien commun qu’est la culture.

Bienvenue et merci à l’association Le Quai de donner à l’occasion de sa réactivation, de maintenir son siège dans cet Espace Louis Aragon.

Lieu certes pas neutre, abritant la Fédération de la Dordogne du PCF dont j’en suis modestement son secrétaire départemental.

C’est d’ailleurs ce qui m’amènera à parler de la philosophie et des objectifs qui animent l’association le Quai, comme l’a survolé Nadja et qui font que nous soutenons et partageons ses ambitions et objectifs.

D’abord, parce que c’est un véritable engagement que cette équipe veut faire vivre par un exercice de participation, un espace de dialogue, d’échanges, de discussions qu’elle veut réserver au plus grand nombre.

Nous espérons que nos relations avec Le Quai nous permettrons de créer ce lien pour vous entendre vous exprimer sur vos attentes, vos besoins, vos souhaits en matière culturelle.

Pour une organisation politique comme la notre, sans vouloir nous initier dans votre indépendance d’action et de pensée, nous pensons qu’à partir de votre réflexion, vos actions et interventions, vous pourrez nous aider à mieux cerner encore la réponse culturelle qu’il convient d’apporter à notre territoire.

Elles nous permettront de mesurer si les politiques menées et les moyens déployés correspondent et répondent aux attentes de tous.

Elles nous feront appréhender les améliorations nécessaires à apporter et par la même, les contours et la nature de l’intervention publique à privilégier.

Pour nous, des priorités d’actions devront nécessairement voir le jour.

Plus que jamais, je pense que cette proximité avec Le Quai nous permettra de demeurer sensibles au monde culturel, car il est une réponse essentielle, un volet indispensable à la résolution des problèmes d’une société.

Oui, parce que nous pensons que la culture doit être un choix par obligation et par souhait.

Oui, un choix par souci de cohérence, pour améliorer la lisibilité de l’offre culturelle ; mais également un choix pour garantir les équilibres.

Oui, nous revendiquons l’opportunité d’une culture à la portée de tous, ou plus précisément, une culture partagée par le plus grand nombre.

Une culture où chaque citoyen, quelque soit son âge, sa profession, ses origines sociales, ou tout simplement ses goûts, ses aspirations puisse trouver sa place.

La culture doit nécessairement être plurielle.

Elle peut être parfois, à prime abord confidentielle, elle doit aussi apporter du divertissement. C’est donc une diversité de culture que nous appelons de nos vœux.

Mais quelque soit sa forme et son contenu, nous serons tous d’accord pour dire que la culture est essentielle.

Elle valorise le capital humain, crée du lien social, apporte une ouverture, cultive le dépassement intellectuel.

Elle divertie, crée du partage, du dialogue.

Elle est indispensable à une société en mouvement, le symbole d’une société aboutie.

Aussi, ai-je l’occasion de réaffirmer ici notre hostilité au travail du dimanche.

Hostilité parce que l’épanouissement de l’individu, d’une société ne peut passer exclusivement par la consommation.
Il faut que puisse être préservé ce repère du dimanche.

Un jour réservé à la famille, au dépaysement, au repos, à la culture ou à l’envie du moment.

Au contraire, l’épanouissement peut être atteint, ou du moins poursuivi, grâce à la culture et tout ce qu’elle véhicule, qu’elle permet, qu’elle apporte.

Et qu’est ce que le développement, sinon que l’épanouissement. C’est ce qui le différencie de la croissance.

Et c’est en veillant à cet épanouissement, en garantissant le bien vivre ensemble, en ouvrant notre territoire sur le Monde, que nous permettrons à notre cher Périgord et à ses habitants de progresser durablement.

Et si nous nous refusons à faire allusion à la crise qui nous touche, quelle est telle sinon qu’un avertissement au marché, au laisser faire, à la superpuissance de la finance.

Elle nous appelle aussi à faire plus d’égards à ce qui ne se vend pas, ne se monnaye pas, ne se rentabilise pas.
La culture et l’évènement qu’on lui consacre, sont donc d’une formidable actualité.

A nous aujourd’hui, d’être un de ces acteurs pour construire le fil conducteur de la culture en Dordogne, à partir de nos richesses, de nos atouts, de nos savoir-faire.

Nadja, vous en aurez certainement l’opportunité, avec cet objectif que vous vous donnez avec l’association Le Quai, celui de l’éducation populaire où chacun au même niveau, qu’il soit acteur de la culture, artiste élu, habitant, associatif pourra faire entendre sa voix.

Je ne doute pas que ces moments de rencontres culturels et d’échanges permettront de faire éclore des idées neuves et partagée.

Oui, ce choix de la culture, de l’éducation à la culture, de la culture accessible pour tous, avec votre soutien et votre volonté de mettre entre les mains de tous dans un caractère populaire aux initiatives individuelles, associatives, avec un accompagnement professionnel, technique, matériel, financier, vous tentez de démontrer que ça n’est pas une part de futilité pour faire plaisir à quelques uns, mais un choix, véritable et assumé.

Ce choix c’est notamment une priorité à la famille en direction de la petite enfance, de l’enfance, de la jeunesse, des seniors et une priorité à la solidarité.

C’est aussi le besoin d’un accompagnement pour l’initiative citoyenne : les associations, la culture, les artistes, la coopération…

La culture, c’est la compréhension du monde qui nous entoure, c’est la place à l’imaginaire et donc à l’imagination, c’est l’ouverture sur la liberté, c’est l’envie de partage, c’est la capacité à critiquer, à dire non mais aussi à dire oui avec la liberté d’aimer.

L’éducation populaire à la culture, elle, se veut accompagner nos jeunes générations dans leur indépendance d’esprit.
Tout cela n’est pas futile lorsqu’on s’intéresse un instant à l’actualité, lorsqu’on s’intéresse à l’état de notre société, de notre vivre ensemble.

Lorsqu’un politique, sous couvert de ses « toujours bonnes raisons » décide de diminuer drastiquement les soutiens à la culture et à la vie associative, il participe à détruire tout cela.

Alors oui, nous prétendons défendre les intérêts d’un développement culturel national d’abord, mais aussi une vision d’avenir de notre territoire car les deux se rejoignent !

La culture ce n’est pas un caprice et n’est pas une variable d’ajustement non plus. Surtout lorsqu’elle est au cœur d’un territoire.

Et l’on a un peu l’impression de cela au regard du dernier remaniement gouvernemental, ou la solution facile c’est de dégager des places, notamment par un ministère, celui de la culture.

Ministre de la culture, variable d’ajustement ministériel alors que dans ce monde d’injustice, il y a bien un domaine où elles sont nombreuses, c’est celui de la culture.

Alors oui, lorsque nous voyons de l’injustice, de l’iniquité, de l’incohérence, nous le disons, nous le dénonçons, et nous agissons.

Là, nous pensons qu’il y a de l’injustice, de l’iniquité et de l’incohérence. Alors nous appelons les artistes et les habitants qui ne l’acceptent pas à continuer leur mouvement de lutte.

Et nous les accompagnerons tant qu’il y aura de l’injustice, de l’iniquité et de l’incohérence.
Allez, je vais en finir.

Ce soir avant que ne le fasse Nadja avec « le Quai », je voudrai lancer ici un clin d’œil à un ami trop tôt disparu, Bernard Szczerba, cet artiste/poète, anticonformiste. C’était cet artiste, toujours souriant même dans les moments les plus durs, qui savait allier les choses sérieuses avec l’humour.
Bernard a su après d’autres donner de la dynamique à votre association, l’ouvrir à cette diversité qu’on appelle populaire.

Il a su donner une vie à cet espace où l’on pouvait croiser l’ouvrier, l’employé, le patron, l’artiste, l’intellectuel, l’élu et bien d’autres qui font notre société d’aujourd’hui.
Pour terminer mon propos, je reprendrais ici les mots de l’appel des Vétérans des mouvements de résistance, lancé le 8 mars 2004 – dont Stéphane Hessel, parrain de notre carré de mémoire –

Ces mots sont tellement toujours d’actualité, et symbolisent pleinement ce que nous voulons porter dans notre diversité, je cite :

« Aussi, appelons-nous toujours à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous.
A ceux et celles qui feront le XXIe siècle, nous disons avec notre affection : CRÉER, C'EST RÉSISTER. RÉSISTER, C'EST CRÉER. »

Je vous souhaite une très belle soirée et bon vent au « Quai nouveau » et à sa nouvelle équipe.

 

Crédit Laura Sansot
Laurent Péréa secrétaire départemental du PCF et Nadja Martinez Présidente du QUAI crédit Laura Sansot
Laurent Péréa secrétaire départemental du PCF de la Dordogne crédit Laura Sansot
Crédit Laura Sansot
Crédit Laura Sansot
Crédit Laura Sansot
Crédit Laura Sansot
Echo Dordogne du 16 février 2016

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